L’art du crochetage

L’art du crochetage :

Il est composé de 2 étapes qui, conjuguées l’une à l’autre, permettent l’ouverture fine de nombreux systèmes.

Sur ce schéma nous remarquons le corps du cadenas appelé « stator » car il reste statique et dissocié de son « rotor » dont le mouvement de rotation permet l’ouverture.

 

Dans cette vue en coupe nous voyons les goupilles « actives » surplombant les goupilles « passives » : les passives étant toutes en travers de la « ligne de césure » l’ouverture est impossible.

Lorsque la clé est insérée dans l’ »ève« , les goupilles sont placées à la bonne hauteur appelée « ligne de césure » ce qui permet la rotation du rotor et donc l’ouverture.

L’ensemble des goupilles est poussé en haut de leurs puits respectifs par leurs ressorts.

On peut voir en bas des puits les « bouchons de puits » dont l’alignement n’est pas parfait et c’est cet alignement qui va nous intéresser en premier lieu.

Remarquons ici que la ligne de césure se trouve au niveau des goupilles passives.

Vous l‘aurez compris, le jeu étant d’aligner l’espace entre les goupilles actives et les goupilles passives le long de la ligne de césure ; mais revenons d’abord sur l’alignement…

Première étape : trouver l’ordre de placement :

 

Cet ordre varie d’un jouet à l’autre et ne diffère que de quelques dixièmes de millimètres ; fort heureusement, même si ça ne se voit pas à l’œil nu cela suffit et c’est l’exploitation de ces différences de jeu qui permet de trouver dans quel ordre il faut placer les goupilles.

Lorsqu’on exerce une tension à l’aide d’un « tenseur » sur le rotor, celui-ci va buter contre les goupilles non alignées à la césure ce qui empêchera sa rotation.

 

En appliquant une tension légère, seule l’une des goupilles entre en friction avec le rotor : ceci est dû à l’imperfection de l’alignement des puits. Sur le schéma on voit que le puits le plus près de l’ève est le premier à entrer en contact avec le rotor.

Attention à ne pas appuyer trop fort pour éviter que toutes les goupilles bloquent en même temps, ce qui empêcherait de déduire l’ordre de placement.

Ici la première goupille est bloquée car sa passive est coincée entre le rotor et le stator et c’est en l’effleurant à l’aide d’un « palpeur » qu’on s’aperçoit qu’elle est freinée lors de sa descente.

Nous venons donc de trouver la première goupille à placer !

Si on avait tenté de placer d’abord l’une des autres goupilles, elle n’aurait tout simplement pas tenu en place car rien n’aurait freiné la poussée exercée par son ressort qui l’aurait fait incessamment remonter.

Pour qu’une goupille soit placée, il faut que le rotor morde le prolongement de son puits de façon à ce que son recouvrement soit suffisant pour empêcher celle-ci de remonter à nouveau.

Maintenant que nous avons compris le principe de l’ordre de placement, préoccupons-nous de sa hauteur.

Dernière étape : trouver la hauteur de placement :

Pour trouver la bonne hauteur de placement, il suffit d’appuyer sur notre fameuse première goupille à placer jusqu’à ressentir un ressaut dans le tenseur et/ou accompagner la rotation du rotor d’un ou deux degrés lorsque l’espace entre la passive et l’active sera atteint.

Sur ce schéma, on voit que la première goupille est placée, puisque l’espace entre l’active et la passive est positionné à la césure.

Le ressenti du bon placement des goupilles se trouve majoritairement au niveau du tenseur.

Sur de nombreux jouets, l’écart dans l’alignement des puits est suffisamment important pour que la rotation du tenseur soit visible lors de l’accompagnement de la rotation, en plus du ressenti de la rotation.

Maintenant que nous avons placé la première goupille, il s’agit de trouver quelle sera la suivante !

Et oui, car l’ordre n’est jamais linéaire, les écarts entre les puits n’étant pas volontaires de la part des fabricants, une bonne partie du jeu consiste à le trouver.

Il faut simplement renouveler la première étape sur les autres goupilles sans relâcher la tension qui permet de faire tenir celle que nous venons de positionner.

Ce jeu d’adresse constitue tout l’art du crochetage !

Et avec d’autres jouets, comment ça marche ?

Bien sûr chaque jouet a ses caractéristiques et nous n’avons ici qu’un cadenas à 4 goupilles standard doté d’une ève assez droite que nous conseillons d’apprivoiser avant de s’amuser sur des modèles plus complexes, sous peine de ne pas profiter du côté ludique de ce loisir.

D’autres joujoux seront plus sensibles à d’autres techniques de crochetage car il en existe de multiples, ainsi que des outils d’efficacité propres à ces techniques ; ici nous pouvons voir l’utilisation d’un « racleur » qui accélère grandement le crochetage en multipliant les hauteurs sans tenir compte de l’ordre de placement :

Beaucoup de jouets ont des goupilles anti-crochetage et des èves bien plus tortueuses qui rendent la pratique beaucoup plus corsée, d’ailleurs certains sont de véritable défis qui vous demanderont des années d’entraînement avant de prétendre pouvoir vous y frotter !

Aussi, pour bien assimiler les mécanismes qui vous permettront de vous améliorer, nous vous recommandons ces lectures un peu plus détaillées puis de vous exercer : lire l’abrégé de crochetage, puis pour pratiquer le crochetage il vous faudra quelques outils dont cet article vous indiquera quelles sont les caractéristiques à retenir : mieux connaître les outils.

Sachez également que la plupart des cadenas ont la particularité d’avoir un « ressort de rappel », ce qui n’est pas le cas sur les canons de serrures ; ce ressort de rappel ne va pas forcément vous faciliter les choses mais vous pouvez l’apprivoiser à tel point qu’il peut vous rendre service…

Sur les cadenas bas de gamme qui vous permettront de démarrer, ce ressort de rappel ne sera sûrement pas un handicap car vous n’aurez pas besoin d’une grande dextérité et c’est seulement en vous amusant avec des jouets mieux ajustés qu’il vous gênera dans votre perception.

Une autre caractéristique des cadenas est qu’ils s’ouvrent dans l’immense majorité des cas dans le sens horaire uniquement, c’est à dire qu’on ne peut faire tourner le rotor que dans ce seul sens pour l’ouvrir.

Ceci n’est pas à notre avantage non plus car cela nous empêche de profiter d’une petite astuce valable sur les cylindres…

Cette technique toute simple permet de trouver la dernière goupille à placer.

Il suffit d’entraîner d’abord dans un sens, par exemple le sens horaire, de façon à trouver quelle est la première goupille à placer ; cette goupille deviendra celle à placer en dernier dans le sens antihoraire.

 

Ainsi, en changeant le sens d’entraînement pour crocheter dans le sens antihoraire nous connaissons déjà la dernière goupille à placer et ce, avant même d’avoir commencer à crocheter !

Des astuces de crochetage, il y en a bien d’autres, c’est d’ailleurs sur les cadenas que vous trouverez le plus de méthode de by-pass et pour cause c’est dans ces derniers qu’on trouve le plus de diversité dans les mécanismes : cadenas à garnitures, paracentrique, à disques, à codes…

C’est pourquoi nous vous conseillons de commencer l’ouverture fine par des cadenas. Ils s’achètent facilement, peuvent être réutilisés à bon escient si jamais vous ne faites pas de l’ouverture fine votre passion et les multiples systèmes qui les composent vous permettent même de jouer sans outillage grâce aux cadenas à codes dont on trouve, là encore, une grande variété :

Maintenant, à vous de jouer !